Le salon du livre 2012

19 03 2012

J’arpente le salon du livre depuis 2 jours, à la recherche d’auteurs pour l’émission Etincelles que j’anime sur Radio Enghien.

Curieusement, ce ne sont pas les plus spirituels qui sont les plus avenants. J’aurais aussi pensé que les plus en vue seraient vaniteux, mais je n’ai trouvé que de la simplicité, de la joie de vivre, de l’écoute, de la gentillesse et surtout un réel talent !!!

Le premier jour, j’ai croisé un Chamane, dont je tairais le nom, qui s’est fait interviewer par une web TV . La journaliste, une Cruella excitée et folle de pouvoir a court-circuité mon tour, juste après qu’une célibataire endurcie, mais très jolie aussi, m’ait fait le même coup deux minutes auparavant. Deux femmes affamées sur le même bonhomme qui n’avait, en plus, pas la tête à cela. Elles auraient pourtant du s’en apercevoir. C’est comme la carcasse du poulet quand il est désossé, il n’en reste plus rien à grignoter.

Je suis repassée le lendemain pour lui proposer de passer dans l’émission et là, il me fait sa grande diva. Il m’explique qu’il a donné deux ans de sa vie pour écrire « cette petite chose » qu’est son bouquin. A partir de maintenant, il ne donnera plus aucune interview à personne. Quand je lui fais remarquer qu’il en a donné une la veille, il acquiesce, vaguement agacé.

Je regarde cet auteur, qui pourrait être le frère de Jésus et de Georges Clooney, avec sa petite barbe de 3 jours légèrement grisonnante, sa sveltesse décontractée, son air spirituel de « je médite sans arrêt » et je lui pose simplement la question : que faites-vous le reste du temps ? Puisqu’il me disait qu’il était très occupé par ailleurs.

Là, il me regarde droit dans les yeux, avec une mimique de « vous êtes stupide mais je vais quand même vous expliquer. Je suis provoc mais je me fiche de ce que vous pensez et je me lâche » :

« Je tape sur des tambours toute la journée et j’invoque les Esprits ». Là je me dis, il est marrant ce type. Pour une fois il dit la vérité. Il me dit que cela fait 3 ans qu’il fait le salon du livre et qu’il déteste cela. C’est tellement ……… (snob ?) bref, il se demande ce qu’il fait là. Dommage, il s’est passé les nerfs sur moi et je ne l’ai pas trouvé professionnel.

Pour moi, un auteur est ravi d’aller à la rencontre de ses lecteurs et de découvrir la richesse des relations humaines. C’est génial !

Imaginez, vous avez écris un livre qui vous a aspiré une bonne parti de votre temps, de votre expérience et de votre cervelle ;  vous avez réussi à vous faire publier et d’un seul coup vous boudez en faisant la diva ???

Qu’à cela ne tienne, je me rabats sur l’éditeur qui m’a l’air intéressant. Il propose des livres engagés dans la spiritualité, la Vie avec des vraies connaissances, une profondeur de point de vue. Il baguenaude, mondanise et m’agace. Je lui pose une ou deux question sur le sens et l’origine de sa démarche. Il me jette alors un regard soupçonneux et d’une pirouette s’en sort en se jetant sur une de ses connaissances, ne me délivrant qu’à contrecœur sa carte de visite.

J’avance au fil des stands. Je regarde les auteurs assis, à côté de leur pile de livres. Parfois ils sont souriant, parfois très occupés, parfois inoccupés mais en meute, passant le temps. Ceux qui sont seuls attendent et vous regardent passer. Il y a cette invitation implicite à vous approcher et à prendre le livre en main. Puis, un sourire lorsqu’ils comprennent que vous n’êtes pas venu pour eux. L’espoir, puis la déception passée, ils se remettent à regarder dans le vide, avec fatalité.

Je n’ai pas suffisamment de culture littéraire pour approfondir et aller vers les auteurs. Ma culture est nourrie de livres spirituels, voire philosophiques. Je suis moins sensible aux effets de mode, je veux du vrai, de l’essentiel, de l’humain, de la vibration, de l’énergie. Je ne demande qu’à découvrir, qu’à mettre en valeur. Je constate que j’ai vraiment besoin d’une bonne remise à niveau.

Je me fie alors à mon ressenti, à ce que je perçois des auteurs, à ce qu’ils dégagent et à la force qu’ils émanent. Je suis assez déçue le premier jour. Je finis par me demander ce que je fais là et si j’ai eu raison de venir.

Je finis par passer devant la pile de livres de Charles Beigbeder. Tiens, ce nom là me dit quelque chose. J’ai vu récemment « L’amour dure 3 ans », réalisé par son frère et j’ai trouvé le film assez sympa. Je ne m’arrête pas. Moi et la jet set, très peu pour moi. J’ai déjà le dos tourné et j’entends les nombreux crépitements des flashs photographiques. Charles Beigbeder reste imperturbable et avenant. Alors je me dis que je devrais peut-être me renseigner sur ce qu’il fait et je surmonte ma timidité (elle me rattrape de temps en temps).

Je lui demande sans ambages qui il est et pourquoi tous ces photographes se sont jetés sur lui. Charles Beigbeder me répond avec gentillesse, joie de vivre et simplicité qu’il est le frère de Frédéric. Il ne se vante même pas. Je regarde avec attention sa pile de livre : « Puisque c’est impossible, faisons-le. 10 idées simples pour réformer une France pas si compliquée ».

Je lui demande quelle est l’authenticité de son engagement et il me parle de son implication politique. Il m’explique qu’il brigue la Mairie du XIIème arrondissement de Paris. Il m’a l’air convaincant. A aucun moment il ne s’offusque de mes questions. Il est accessible, il est simple.

Finalement, je lui parle de mon émission Etincelles et il a l’air intéressé. Même l’horaire n’a pas l’air de le rebuter. On est loin de la grande diva de tout à l’heure. Il va même jusqu’à me proposer les sujets (Economie ? le Grand Paris ?) et un challenger (le Maire sortant ?).

Il ne nous reste plus qu’à échanger nos Email. J’ai une brochure de Radio  Enghien, avec ma carte de médium agrafée dessus. Là non plus, il ne s’offusque pas. Un bon point pour lui, même s’il n’en pense pas moins, il ne le montre pas. Quelle diplomatie ! Mon préjugé est tombé à l’eau.  Je n’ai plus qu’à obtenir l’accord de la Directrice d’Antenne pour préparer l’émission.

Au fil des piles de livres et des stands, j’arrive sur le stand de la maison d’édition TDO. IL y a deux trublions à la faconde catalane. C’est des Pays. Je suis du Sud, de Montpellier, ils sont de Perpignan. Je reconnais le style vivant, dynamique et coloré. Gérard Raynal, un des auteurs, raconte le début de son parcours, avec son authenticité d’homme qui a du vécu et la sagesse qui l’accompagne. Non pas qu’il soit un sage. Il m’a plutôt l’air d’être un bon vivant, mais un homme qui a tiré les leçons de ses expériences. Il a écrit multitude de romans de pays. Je n’ai pas eu le temps de discuter avec Roger Blandignères, magnétiseur et auteur du roman « les Cerisiers maudits ». Voilà d’excellents intervenants pour l’émission. A creuser. J’irais les voir quand je descendrai à Montpellier.

Deuxième jour de ma quête littéraire. Je file directement au stand des éditions XO. Elizabeth Teissier et son mari Gérard Hynek dédicacent leur ouvrage « 2012/2016, cinq années qui vont changer le monde ». Je l’ai entièrement dévoré dès sa sortie. Ils ont tout résumé, aussi bien  les traditions que la climatologie, les menaces par pays et abordé les ouvertures possibles. Ce livre est excellent pour  la réflexion de fond. Les auteurs n’ont peut-être pas le prix Goncourt ou Médicis, mais les infos sont données sur des bases fiables. Voilà une excellente carte routière pour la suite.

Certains éléments sont à envisager avec attention. Quand aux prédictions par signes, il faut toujours relativiser car il faudrait regarder plutôt du côté de l’Ascendant et non du signe, ce serait plus juste pour les maisons (ou domaines de vie). C’est toute la différence entre le prêt à porter et le sur mesure !!!

J’attends mon tour, c’est bientôt à moi de passer mais une flopée de photographe m’entourent, attendant fébrilement d’immortaliser sa dédicace. On sympathise, forcément, je suis au sein de la meute rigolarde. Lorsqu’ils apprennent que je suis médium, c’est l’explosion de questions. Je suis cancer, qu’est ce qui m’attend ? et moi je suis lion et moi balance ascendant balance et moi et moi ???. Vous avez une carte ? un photographe s’accoude sur mon épaule. Je les aurais crus athées et cartésiens, il n’en est rien.

Je suis en famille, c’est bizarre comme impression. Un avant goût d’une célébrité qui ne m’est pas destinée. C’est incroyable l’énergie qu’ils dégagent. Chacun veut passer devant l’autre et tous sont copains. On dirait des gamins qui attendent l’ouverture des portes de la cantine. Puis d’un seul coup, ils s’évanouissent dans la nature. Laissant la température retomber dans le vide.

Elizabeth Teissier est partante pour faire l’émission, même à partir de minuit. Quelle femme ! Elle est rayonnante, un peu à la manière d’une reine. Port de tête altier, éclat profond de l’émeraude, mystère et chaleur. Je serais honorée de la recevoir dans l’émission.

Après mon petit bain de star et de paparazzi, je me remets de mes émotions et scrute, toujours à l’affut de l’auteur qui me fera vibrer. Tiens il y a moins de queue qu’hier pour le prix, lequel déjà ? L’auteur se plie à la tâche. Je crois même qu’il est en apnée. Il en regretterait presque son prix mais n’a pas le temps de s’en apercevoir. Il a l’air de faire une course d’endurance, la plume crispée sur ses dédicaces, les cernes bleues sous ses yeux, comme le bandeau de son ouvrage.

De ci et de là, je croise des caméramans, des preneurs de sons, des photographes trépidants, par petits groupes de trois, le plus souvent. Hier, un photographe a interrompu ma conversation avec Charles Beigbeder pour lui faire dédicacer la photo qu’il avait sorti sur papier glacé et collé sur une belle page blanche. Tandis que Charles Beigbeder s’exécute, je demande au photographe s’il a fait un portrait en double pour lui. Il essaye d’éluder la question et commence à se tortiller dans ses chaussures. C’est fort drôle. Je rajoute que ce n’est pas tout à fait juste. Charles Beigbeder temporise en disant que ce n’est pas grave. Rien n’est grave mais je suis sûre que le photographe va mettre la photo dédicacée en vente et Charles Beigbeder n’aura pas de portrait de lui, pourtant c’est lui qui a posé.

Alors que je me demande si je vais partir, j’avise Patrick de Carolis qui discute tranquillement avec un ami. Je me mets dans la petite file d’attente. J’apprécie son travail et la lumière qui se dégage du personnage. Il y a un positionnement humain de fond très fort. J’investis dans son ouvrage co écrit avec Bérengère Dautun « l’enfance est un refuge pour temps d’orage ». Le DVD de la pièce est inclus dans le livre.

J’en profite pour inviter Patrick de Carolis dans l’émission Etincelles. J’ose ! J’en ai les oreilles cramoisies. Je m’entends même lui dire qu’il est un aventurier. Ca y est, je suis devenue folle !!! Puisque j’y suis, je lui dis même que je vais recevoir Christophe Marie, le porte parole de la fondation Brigitte Bardot mercredi prochain. Je n’ai plus de brochure de la radio, juste ma carte professionnelle et ma carte de visite qui n’a rien à voir. Je pense qu’il tique un peu mais il reste engageant. Patrick de Carolis me promet d’écouter un bout d’émission. Je remercie paye mon livre et gaffe auprès du propriétaire des éditions du Rocher à qui de demande sa fonction. Je suis merveilleusement inculte mais tant pis, c’est en posant des questions qu’on avance. Cela ne m’empêche pas de faire mon travail à fond. Une remise à niveau s’impose vraiment.

Allez, c’est finalement beaucoup d’émotions pour mon petit cœur aujourd’hui. Je finis en beauté avec Natacha Calestrémé qui dédicace son roman « Le testament des Abeilles » sur le stand Albin Michel.  Nous nous connaissons depuis de longues années mais nous ne sous sommes retrouvée que depuis l’année dernière. Nous avons travaillé ensemble pour France-Soir, dans la régie Publiprint. C’était des années plus insouciantes. Des parties de fou-rires collectifs et des grands moments de stress.

Son mari, Stéphane Allix était là. Il a créé l’Inrèes. Natacha et lui ont coécrit et produit la série « Enquêtes Extraordinaires » diffusée sur M6. J’ai beaucoup d’affection pour Natacha. Voilà une personne authentique et engagée. Elle est journaliste environnementale.

Enfin, je suis partie avec l’ouvrage de Stéphane Marie sous le bras. Vous le connaissez, c’est le jardinier de « Silence ça pousse » sur France3. J’aimerai bien l’inviter sur Etincelles. J’aimerai aussi recevoir Richard Bohringer, j’attends que son attachée de presse lui en parle.  Je repars enthousiaste, avec de jolis projets d’émissions à venir.

Est-ce le livre qui crée l’auteur et l’insère dans la société ou est-ce l’auteur qui crée son livre pour les lecteurs ? Est-ce que la notoriété est basée sur le talent ? Il y a de grandes chances pour que ce soit le cas.  C’est aussi pour cela qu’Etincelles existe, pour que chaque personne brille de tout son véritable  éclat.

Merci d’avoir laissé glisser l’éclat de vos prunelles sur mon billet d’humeur !








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